16 déc. 2018

Coin lecture : Panorama des genres au cinéma

Les éditiions Charles Corlet, basées en Normandie, ont édité en 1993 un ouvrage aujourd'hui épuisé, intitulé "Panorama des genres au cinéma", qui en 216 pages fait un tour d'horizon des genres cinématographiques nous intéressant particulièrement ici, tels que le peplum, le film de cape et d'épée, le fantastique et la  science-fiction par exemple.
C'est un livre collectif, chaque auteur livrant une vision personnelle de chaque genre dans un article assez condensé d'une dizaine de pages, avec références bibliographiques et liste succinte d'oeuvres considérées comme références.
Il s'agit, plus précisément, du numéro 68 de la revue CinémAction, coéditée par Corlet et Télérama. J'espère bien trouver un jour certains autres numéros, qui traitent soit d'un thème, soit d'un pays, soit d'un genre particulier, soit encore d'un réalisateur.

La belle image illustrant la page de garde est tirée de La machine à explorer le temps, de George Pal. La seconde, en page 11, est une scène de L'homme qui rétrécit, de Jack Arnold.
La lecture du livre est très agréable, et constitue un très instructif et motivant voyage dans le temps et autour du monde (Hollywood, Japon, Inde, Amérique du Sud, et même Europe...).

Voici donc quelques notes de lecture.


Le film noir 
Tout film noir doit comporter un crime, tout en épousant le point de vue du criminel (Assurance sur la mort), et en permettant au spectateur de pénétrer l'univers du crime (Les passagers de la nuit, La dame du lac, Le facteur sonne toujours deux fois).


La ville, la nuit  : Les forbans de la nuit, Adieu ma belle, Le grand sommeil, Gilda.

La femme fatale : Le dahlia bleu, En quatrième vitesse.
Le détective privé.
Le tueur à gages : Tueur à gages (1942)

Le flic corrompu.
Une morale ambivalente.

Le personnage principal est un anti-héros.
Apparition du sadisme : Le carrefour de la mort , Règlement de comptes.

Renforcement de l'érotisme.
Pessimisme
Des fins équivoques, des intrigues complexes, des histoires contemporaines, l'importance de la voix off, le cynisme expéditif du dialogue, des huis clos oppressifs, le noir et blanc...





Le cinéma français et les genres
Deux genres populaires : le comique et le polar. Touchez pas au grisbi, Le doulos, Le deuxième souffle, Police python 357, Police, La guerre des polices, La balance...

Films japonais
"Le cinéma japonais est divisé en deux catégories essentielles" (p.66).  
Jidai-geki ou les films à costumes. Regroupe les films historiques et les films de sabre (chambara, avec présence de duels).
Gendai-geki ou les films modernes, ou "les genres sont plus nombreux et plus subdivisés". Les films de monstres (Kaiju-eiga) sont des drames nationaux à résonance planétaire. Firme Toho.
Les films de "jeunesse" (Seishun-eiga), les films érotiques (pink-eiga, nés au début des années 60), les films de yakuzas (Yakuza-eiga), avec la Toei et la Nikkatsu.
"Le Japon  possède une grande tradition sociale qui s'incarne dans le "shomin-geki" (...), le drame du petit peuple, du prolétariat urbain." (p. 68).



La comédie à l'italienne
Dans les années 60 et 70*, c'est la comédie que jouent les personnages, la bouffonnerie, la mystification, la pratique du charlatanisme, de la flatterie et de la fanfaronnerie qui caractérise  les personnages représentés et tournés en dérision.
"Il s'agit donc très souvent d'une comédie à double niveau, de comédie dans la comédie, où ce ne sont pas seulement les acteurs mais les personnages qui jouent et sont à leur tour, dans le monde où ils vivent, acteurs." (p. 92)

* "De "Une vie difficile" (Risi, 1959), approximativement aux origines du genre, à "La terrasse" (Scola, 1980), qui le clôt avec amertume (...)."."Ce sont toujours les mêmes figures rhétoriques, les mêmes formes stylistiques : ironie, sarcasme, parodie, hyperbole, disproportion,  amplification."
La comédie italienne théâtralise les lieux réels. Quelques objets et thèmes figuratifs sont récurrents :
- l'automobile, qui déclenche une guerre entre les pauvres, entre mari et femme, entre père et fils ("Un dimanche d'été", 1962), "Une vie difficile", "Le Tigre" (Risi, 1967), "Le fanfaron".
- les immeubles du boom immobilier sont un autre symbole du miracle économique qui se retourne sur lui-même, d'une richesse qui engendre de nouvelles misères, d'une ascension qui engendre de violentes et grotesques chutes. "Le boom" (De Sica, 1963), "L'amour à la ville" (Lattuada), "Jeux d'adultes" (Nanni Loy, 1967).
- la télévision ne sert pas à communiquer, mais à isoler. Elle est l'empire du faux ("Les monstres", Risi, 1963; "Mesdames et Messieurs bonsoir", collectif, 1976).
- "mythes euphoriques" comme la plage, les fêtes, les chansons, qui marquent la montée d'une nouvelle génération, "flattant et ridiculisant en même temps les rêves de liberté et d'amour." (p. 95).
"Play-Boy party" (Risi, 1965)

La comédie anglaise "réservée à la consommation intérieure" (p. 101), par exemple la série des Carry on... (1959-1980).
"Le principe de ces films consistait à faire évoluer la même bande de joyeux drilles dans divers cadres professionnels ("Carry on sergeant"), sociologiques ("Carry on camping"), historiques ("Carry on Cleo") ou autres."

Le peplum
Terme surtout français. "Pour le cinéma anglo-saxon, par exemple, les films que nous appelons peplum sont à ranger dans la catégorie des films historiques et relèvent du genre épique, ou dans la catégorie des films mythologiques et relèvent du merveilleux." (p. 151) 
Deux "âges d'or" : 1910-1925, et 1954-1964. Principaux pays producteure : Italie, États-Unis, puis Grande-Bretagne et France.

Le film de cape et d'épée
Genre historique ("Le bossu", "Fanfan la tulipe", "Les mariés de l'an II"),  genre romanesque ("Le Capitan", "Les trois mousquetaires"). 

Le porno
"La longue genèse du genre porno est liée à la conquête du nu (depuis la baignade de Hedy Lamar dans "Extase" en 1933)  et les impudeurs scandinaves du début des années 50."
31 octobre 1975 : une loi institue le classement X des films à caractère pornographique. "En 1975, 3000 salles programmaient des films polissons ou porno. En 1976, elles n'étaient plus que 158."
Scénarios fantômes... "Dans le meilleur des cas, il s'est tourné vers la parodie des autres genres" : "Sens interdits" (1985), "La femme-objet", "The Devil in miss Jones", "La Chatte 2", "La planète des seins" (2001) ...
 



 

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